La pensée de groupe est définie comme le consensus ou les directions qu’un groupe de personnes prend face à une décision. Si l’on reste à la surface des choses le consensus parait être une bonne chose, et souvent nous allons chercher à l’obtenir absolument.  Quoi de mieux qu’un groupe aligné derrière une même décision ou une même parole, voir derrière une même méthodologie ? 

« La route de l’enfer est pavée de bonnes intentions » dirait ma grand-mère,  et notre recherche de l’alignement, du consensus n’échappe pas à la règle.  Au sein du groupe agile pourtant si bienveillant peuvent fleurir de nombreux anti patterns qui se nourrissent de tout ce qui se cache derrière le spectre de la peur, comme l’intimidation, ou même simplement l’indifférence. Lorsqu’ils sont victimes d’intimidation, les membres de la minorité peuvent avoir l’impression qu’ils devraient être d’accord avec la majorité pour pouvoir s’intégrer ou éviter d’être réprimandés. Et doit-on aussi rappeler les fameux « consentement par épuisement » que l’on voit ça et à dans les grandes entreprises ? 

Quels sont les symptômes de ces anti-patterns ? 

  • Illusion d’invulnérabilité, qui crée un excès d’optimisme et encourage à prendre des risques extrêmes.
  • Rationalisation collective – Les membres actualisent les avertissements et ne reconsidèrent pas leurs hypothèses.
  • Croyance dans la moralité inhérente – Les membres croient en la justesse de leur cause et ignorent donc les conséquences éthiques ou morales de leurs décisions.
  • Vues stéréotypées des groupes externes – Les vues négatives de «l’ennemi» rendent inutiles les réponses efficaces au conflit.
  • Pression directe sur les dissidents – Les membres sont sous pression pour ne pas exprimer d’arguments contre les opinions du groupe.
  • Auto-censure – Les doutes et les écarts par rapport au consensus de groupe perçu ne sont pas exprimés.
  • Illusion d’unanimité – L’opinion et les jugements de la majorité sont supposés être unanimes.
  • Les «gardes mentaux» auto-proclamés qui « protègent » le groupe des informations qui sont problématiques ou contradictoires par rapport à la cohésion, à la vision et / ou aux décisions du groupe.

Comme éviter ce syndrome de la pensée de  groupe, de la pensée unique ? C’est une question que nous devons nous poser, en tant qu’agiliste, lorsque nous sommes sur le chemin de l’amélioration continue. Verbaliser serait certainement un début, soit à travers une séance de travail. Quand quelque chose est verbalisé soit par un individu seul, soit par un groupe de personnes, il y a un processus de reconnaissance qui construit  la pratique de l’esprit agile avec le concept de transparence. Nous devons être conscients que nous savons tous ce que nous acceptons, ou, mieux encore, nous ne nous trompons pas pour nous adapter aux idéaux de nos propres programmes, principes ou motivations personnels. Nous examinons la situation dans son ensemble et nous sommes conscients que nous prenons tous ensemble des décisions, nous engageons et prenons la responsabilité de ces décisions.

L’un des éléments les plus importants dans les processus agiles, généralement tenu dans les rétrospectives, est qu’il aide à promouvoir la boucle de rétroaction et de mettre toutes les cartes sur la table sur la direction de l’équipe prend. Cela ne veut pas dire que la rétroaction ne se produit pas dans une journée de stand-up, de démonstration de sprint ou de planification de sprint. Les processus empiriques de transparence devraient empêcher la mécanique infernale de la pensée unique seulement dans la mesure où l’équipe est prête à admettre qu’ils vont dans la bonne direction, c’est-à-dire que les membres de l’équipe pourraient tout de même volontairement faire du tort s’ils le souhaitent. Mais la seule différence serait qu’au moins tout le monde sache qu’ils étaient tous d’accord. 

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