Premier article d’une série « Boite à outils du Product Owner / Product Manager » qui aura pour objectif de faire l’inventaire des techniques et outils que nous pouvons mobiliser pour animer la conception Lean/Agile UX des applications et sites web. 

L’exploration continue du besoin, et la conception itérative des hypothèses de solutions, impliquent le recours à plusieurs outils de modélisation qui suivent le processus itératif en variant en forme et en fidélité.

Principalement j’utilise le storyboard (et le sketching)  puis le prototypage pour accompagner la conception Produit. 

Le storyboard

Un storyboard – dans le contexte de la conception Lean UX –  est une séquence linéaire illustrant comment un utilisateur pourrait utiliser un produit ou un service. Sous la forme d’une narration plus ou moins illustrée, le storyboard tend à représenter le plus possible l’usage et le contexte de l’usage. Il n’est pas exact mais reflète souvent un état cible et une proposition d’interaction avec le produit.

Je l’utilise dans les premières étapes de la conception car il s’agit d’un formidable outil de communication. Sous la forme d’une « bande dessinée » le storyboard met en image notre concept et ses intentions stratégiques. Il permet de mieux « vendre » le concept du produit et se révèle être un puissant moteur d’inspiration et d’alignement.  Il catalyse et stimule la recherche d’idées et permet d’envisager des façons novatrices d’aborder les problèmes des utilisateurs.  En ce sens il participe à l’établissement de la Vision Produit que le Product Owner / Product Manager a en charge.

Pour réaliser le storyboard de mon produit j’organise un atelier d’idéation pluridisciplinaire regroupant les différents acteurs de mon projet : le lead UX/ UX designer,  le client ou l’utilisateur final, des membres de l’équipe agile (développeurs, testeurs / qualité) et les parties prenantes (Business Owners, Marketing, Architectes, etc). J’essaye de conserver un nombre restreint de participants (8 à 10) quitte à multiplier les sessions si nécessaire, puis faire converger les propositions. 

Les entrants de cet atelier sont  :

  • l’Epic définissant la cible, les objectifs et la stratégie Business
  • les personaes,
  • les cartes d’empathie,
  • les scénarios d’usage (use cases) et les cartes d’expériences utilisateurs (customer journey map) préalablement créés par le groupe de travail,
  • et tout autre élément de contexte ou d’environnement pouvant fertiliser la phase d’idéation (inspiration wall). 

L’atelier en lui même demande pas mal d’investissement du Product Owner qui doit en faire un « atelier ludocréatif » afin d’en faciliter l’accès à des participants Métier. N’hésitez pas à varier les supports et les techniques : depuis la bande dessinée , au « roman photo » en utilisant des magasines découpés et recollés, ou même pourquoi pas du scénario joué/filmé en mode roleplay.

De même ajoutez un peu de gamification en créant un challenge entre les sous groupe de travail sur le même tempo que le Design Studo par exemple (8 minutes créa – 3 minutes de pitch – 2 minutes de critique constructive) cela peut aider à énergiser l’atelier et à obtenir le plus d’idées possible. 

L’important étant de raconter l’histoire de l’usage, et que cette histoire soit ensuite un socle sur lequel projeter ses réflexions et sa créativité pour concevoir les hypothèses de solution les plus en phase avec le contexte d’utilisation.

Les prototypes

En conception le prototype est utilisé pour tester rapidement les idées et voir si les utilisateurs comprennent les propositions des concepteurs, et si ils peuvent remplir les tâches principales que l’ont a imaginées autour du produit.  Les prototypes s’inscrivent particulièrement bien dans une démarche Lean Startup ou Lean UX car ils permettent d’économiser du temps et du budget en permettant de valider précocement les idées avant le développement réel du produit.

Il existe plusieurs types de prototypes en fonction du niveau de fidélité requis, du média / support et de l’objectif du test. 

  • Les prototypes « Lo-Fi » – ou prototype à faible fidélité. Souvent créés sur du papier avec un feutre type Sharpie, ils permettent de schématiser rapidement et simplement des concepts ou des structures Produit et de pouvoir en tester la compréhension ou l’impact.  On peut également utiliser un format numérique en les téléchargeant dans des outils comme Invision qui permettra de lier les pages / écrans / modules entre eux et simuler ainsi dans les grosses mailles à quoi pourrait ressembler le produit et son expérience d’utilisation.  Ou bien les réaliser directement dans un outil digital comme Sketch, Balsamiq ou même Axure en fonction de vos préférences. Les prototypes Lo-Fi sont très utiles dans les phases les plus précoces de la conception afin de dégrossir le travail.  
  • Les prototypes « Hi-Fi » ou prototypes de haute fidélité, ils présentent plusieurs niveaux incrémentales de fidélité : d’une résolution moyenne lorsque l’on veut tester les gabarits de pages, le zoning (positionnement des différents éléments d’interface) ou les cinématiques et la navigation, jusqu’aux niveaux les plus aboutis intégrant la couche graphique « pixel perfect », le design d’interaction et des animations plus riches, ils sont alors créés à l’aide du code. Leur cout étant proportionnel au niveau de fidélité, il convient de les réserver aux phases de conception et de validation les plus avancées. 

 

Photo by Green Chameleon on Unsplash

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